Historique

Maurice Brimbal devant l’Apollo en 1920

Avant l’Apollo, il y eut L’Olympia Cinéma Palace… Première salle de cinéma à Châteauroux, née de la popularité des projections foraines en France. Elle ouvre ses portes en 1908. Située rue de la Gare, pouvant accueillir de 100 à 150 spectateurs, elle est rudimentaire : les spectateurs sont assis sur des bancs, le projecteur est installé au fond et le chauffage est assuré par un unique poêle trônant en plein milieu. L’établissement est exploité par Monsieur Lefait jusqu’en 1910, puis par Maurice Brimbal, futur propriétaire de l’Apollo.

Brimbal est un amoureux du music-hall. Parti étudier l’horlogerie à Paris, il y a découvert le quartier latin, les spectacles, le cinématographe. Il est rentré à Châteauroux avec le vif désir de partager ces plaisirs culturels. Ainsi fonde-t-il avec des amis de lycée, en 1897, le cabaret Le Pierrot noir. Après la Première Guerre mondiale, il y aura Le Gargaillou (revue folklorique, 1926) et L’An Caustique (revue satirique).

Considérant L’Olympia trop étroit, Maurice Brimbal a alors un projet de plus grande envergure : l’Apollo qui comportera 1000 places.

La plupart des salles construites dans les années 1910 se donnent des airs de théâtre: importance des espaces de réception, ambiance feutrée, lustres et velours, loges. Le cinéma cherche à attirer la clientèle bourgeoise qui l’a jusqu’alors méprisé. C’est dans cet esprit qu’Octave Hélan, l’architecte castelroussin, conçoit ce nouveau théâtre cinématographique avec une décoration de frises rococo et un éclairage indirect aux formes sophistiquées. Le balcon comprend des loges de corbeille, des loges de fond, des fauteuils en gradin. Les films muets sont accompagnés par un orchestre ; on accueille des pièces de théâtre, des concerts, des conférences et des spectacles de music-hall. La qualité acoustique est recherchée. La scène est dotée d’une fosse d’orchestre. On dispose de quatorze décors variés…

Mais il aura fallu attendre le 11 septembre 1920 pour inaugurer cette nouvelle salle, la mobilisation de Maurice Brimbal lors de la Première Guerre Mondiale ayant provoqué l’ajournement des travaux.

Cabine
La cabine de projection

L’arrivée du parlant impose une nouvelle phase architecturale. Les progrès de la technique, la généralisation du béton armé (matériau novateur et décrié dont se sont pourtant vite emparés Hélan et Brimbal pour construire l’Apollo), l’engouement pour ce qui est « moderne » concourent à séparer les cinémas de l’architecture des théâtres. Pour obtenir une diffusion égale du son dans la salle, il faut de nouveaux matériaux et des espaces d’enceinte sans aspérités. Les éléments décoratifs deviennent superflus. Les cabines de projection doivent être insonorisées et souvent reconstruites. Ces travaux sont entrepris en 1938 à l’Apollo et entraînent une réduction de la capacité d’accueil à 500 places.

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La façade du cinéma

Après la mort de Maurice Brimbal en 1945, son gendre, Jacques Barbot prend le relais jusqu’en 1968, date à laquelle la salle est vendue à M. Destal. Celui-ci la rénove, modernise et automatise l’équipement. Il fait tapisser les murs de tentures écossaises bleues et remplace les vieux sièges par des fauteuils design, blancs, en forme de coque, au confort encore fort apprécié aujourd’hui par les spectateurs !

En 1986, le Circuit Georges Raymond achète le cinéma avec l’intention de le transformer radicalement en implantant un complexe de six salles à l’intérieur du bâtiment. Ce projet est abandonné et prend forme avenue Charles De Gaulle (à l’emplacement du Cinémovida). L’Apollo ferme ses portes en 1987 jusqu’à son acquisition par la ville de Châteauroux en 1996. La salle est alors rénovée, remise aux normes de sécurité et ouvre en décembre 1997, gérée par l’Association de Gestion des Espaces Culturels qui regroupe la Scène Nationale Équinoxe et le cinéma l’Apollo.

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