festival Play it again

samedi 21 avril et dimanche 22 avril

Tarif unique: 5 euros

 J’AI MÊME RENCONTRÉ DES TZIGANES HEUREUX
de Aleksandar PetroviC

Skupljaci perja, Yougoslavie, 1967, 1 h 22, v.o sous-titrée, avec Bekim Fehmiu

De nombreux Tziganes vivent dans la vaste plaine de la Voïvodine, en Serbie, où ils exercent de petits métiers. Vivant de son commerce de plumes d’oie, Bora se veut libre mais il est marié à une femme plus âgée. Il rencontre Tissa, une jeune sauvageonne, et s’éprend d’elle. Mais Mirta, beau-père de Tissa, déjà son rival en affaires, devient aussi son rival en amour.

Un petit bijou du cinéma yougoslave enfin visible un demi-siècle après sa sortie initiale

J’ai même rencontré des Tziganes heureux s’affirme comme le grand film, furieux et turbulent, sur la condition tzigane. Aleksandar Petrovic prend le parti d’une immersion (…) âpre, en suivant les pérégrinations ordinaires d’un Rom sédentarisé, dans la plaine de la Voïvodine, en Serbie, sans la moindre forme de romantisme ou d’idéalisation.

Mathieu Macheret, Le Monde, novembre 2017


LE LAURÉAT
de Mike Nichols

The Graduate, États-Unis, 1967, 1 h 46, v.o sous-titrée, avec Anne Bancroft, Dustin Hoffman

Benjamin Braddock, au cours d’une réception organisée par ses parents, rencontre Mme Robinson, une amie de ces derniers. Elle séduit le jeune homme, lui faisant découvrir les plaisirs de l’amour. Les parents de Benjamin, qui ignorent tout de cette relation, incitent bientôt leur fils à sortir avec Elaine, la fille des Robinson. Réticent au début, il s’attache rapidement à l’étudiante…

Le film culte de toute une génération qui a révélé Dustin Hoffman

Mike Nichols trace le portrait acide d’une société asphyxiée, autiste, planquée derrière ses lunettes de soleil. Benjamin est filmé dans diverses bulles, à travers un aquarium, perdu dans l’immensité de la piscine ou enfermé dans sa mini décapotable sous la pluie. Les plans, à la géométrie glacée, cernent des êtres disposés dans l’espace comme des pièces de puzzle inemboîtables, et règne, assourdissant, le « son du silence » (The Sound of silence, l’une des chansons du film).

Guillemette Odicino-Olivier, Télérama, juillet 2017


LE BEL ANTONIO
de Mauro Bolognini

Il Bel Antonio, Italie, 1961, 1 h 35, v.o sous-titrée, avec Claudia Cardinale, Marcello Mastroianni

Après avoir longtemps vécu à Rome, le séduisant Antonio Magnano revient dans sa ville
natale de Catane, en Sicile. Son charme et sa réputation de séducteur invétéré lui valent un grand succès auprès des femmes. De petite fortune, Antonio épouse finalement Barbara,
la ravissante fille du notaire. Mais il s’avère bientôt que le mariage n’a pas été consommé, par la faute d’Antonio, que l’amour rend impuissant…

Un grand classique du cinéma italien, élégant et sulfureux, porté par le couple glamour Mastroianni-Cardinale.

Mastroianni venait d’exploser en séduc­teur mondain dans La Dolce Vita, de Fellini. Sans perdre de temps, il cassa son immédiate et légendaire image de marque. Dans cette charge satirique, très osée pour l’époque, le don Juan incarne… un im­puissant. Quant à Claudia Car­dinale, qui venait d’être une pension­naire de maison close dans La Viaccia, de Bolognini également, elle est ici une jeune fille vierge ! Ils sont tous deux magnifiques en affrontant des situations déli­cates dans le sous-­entendu. Pasolini, encore scénariste, aborde la sexualité à travers les tabous et les préjugés d’une communauté sicilienne. La comédie se teinte peu à peu de gravité. Grâce à l’élégance de la mise en scène, elle trouble, puis finit par déranger par sa dénonciation virulente des moeurs. Poignant.

Philippe Piazzo, Télérama, mars 2008


SAMEDI SOIR, DIMANCHE MATIN
de Karel Reisz

Saturday Night and Sunday Morning, Royaume-Uni, 1961, 1 h 29, v.o sous-titrée, avec Albert Finney

Arthur Seaton travaille en tant qu’ouvrier tourneur dans une usine de Nottingham. Il tente d’oublier les heures épuisantes passées à l’usine dans la chaleur enfumée des pubs, dans les parties de pêche dominicales et dans les bras d’une maîtresse, Brenda, mariée à l’un de ses collègues.

Film manifeste du « Free cinema » britannique, Samedi soir et dimanche matin est une œuvre révolutionnaire dans l’Angleterre des années 60

Arthur Seaton est par excellence le « working class hero » des jeunes hommes en colère anglais des années 60. Karel Reisz signe là une œuvre majeure, un succès phénoménal qui ouvre la voie du réalisme social britannique. Un cinéma qui parle, sans mépris ni angélisme, de la classe ouvrière qui, jusque là, n’avait pas souvent le droit à la parole, ni à l’image. Il n’est plus ici question d’une classe sociale victime du capitalisme et inspirant la compassion. Arthur est un électron libre, désireux d’échapper au conformisme et à l’intégration – pour lui synonyme d’effacement – dans le collectif. Albert Finney est pour beaucoup dans l’intensité et l’énergie du film : il est incroyable de présence et de charisme brut.


Play it Again est un festival organisé par l’Association des Distributeurs de Films de Patrimoine (ADFP), en partenariat avec l’Agence pour le Développement Régional du Cinéma (ADRC), le Centre National du Cinéma et de l’image animé (CNC) et l’Association Française des Cinémas Art et Essai (AFCAE).

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